carnet de bord du 30/08 à 15h04

Carnet de mouillage

Ca y est on a eu droit a tout...Nous avons parcouru 999 des mille milles et avons du mouiller devant Le Grand Jardin, phare d'entrée du chenal de Saint Malo.
En effet quand le vent tombe et que le courant se renverse, la seule manière de ne pas reculer c'est de mouiller!
C'est donc le test de l'ancre secondaire qui a l'air de bien se passer pour le moment sachant que ce qui sera critique c'est sa remontée car souvent elle se prend dans les algues ou les rochers et la conclusion est d'abandonner le mouillage avec sans doute qq autres dans le chenal.

Pendant ce temps j'espère que nos trois camarades qui nous précèdent de très peu sont aussi scotchés et que notre suivant immédiat ne va pas trouver la risée miraculeuse avant nous.
Donc avant dénouement (avec du vent ou dans 5 heures quand le courant se retournera) et objectivement nous finissons 6ème après être toujours restés dans notre groupe de suiveur des 3 leaders qui s'étaient échappé dès la première étape et n'ont fait que creuser légèrement ensuite. Super !

Nous ne pensions pas être dans le coup sans repère préalable vis à vis de la concurrence au niveau vitesse.
Il reste énormément à faire en particulier au près dans les petis airs (code 0 ou non) et dans le médium sous gennac/code 5 où on s'est fait déposer par F.Lucas.
Par contre on a atomisé les adversaires au petit reaching sous code 0 (vous pouvez essayer la traduction sur Google si ça ne vous dit rien...).
L'inconnue reste la brise sous spi car ils sont restés tous les deux dans leur chaussette sauf le grand qq minutes dans la pétole en descendant sur Santander.
Nous avons aussi bcp appris sur les limites de chgt de voiles en force de vent non seulement pour la vitesse du bateau mais aussi pour notre capacité physique à récupérer ces grands morceaux de tissus...

Je ne suis pas sûr d'avoir le temps d'écrire davantage sur cette première course car j'ai du boulot à boucler pour Lundi et nous sommes déja Samedi midi ... et reste un "léger" déficit de sommeil

7 jours de course, pas de casse majeure mais ce qui devait casser a cassé, un bon duo avec fifi super cool à bord (comme à terre) même si pas toujours d'accord mais c'est pareil avec pacôme ... et une place de 6ème sur 17 class40 sur la ligne de départ. Voilà de bonnes vacances pour le Voilier au ruban rouge et son équipage!

Prochain rendez vous fin Septembre en équipage et à la Trinité pour les 3 jours du Mondial Morbihan Class40

en attendant, faites attention à vous et faites vous plaisir...
Erik et Philippe sur AXA Atout Coeur pour AIDES
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Carnet de bord du 29/08 à 8h45

Pétole toujours, retard d'un jour!

et voilà un dicton digne de l'Almanach du Marin Breton!

Nous sommes dans des tout petits airs depuis hier matin et faisons preuve d'une patience dont je ne nous croyais pas capables ni l'un ni l'autre.
Après avoir attendu la renverse de courant du coté de Ouessant pendant 6 heures conclues par un magnifique passage du Fromveur (chenal entre Ouessant et Molène pour ceux qui ne fréquentent pas la mer l'Iroise) pour reprendre une place, nous voila maintenant à 3 bateaux à l'arrêt en face de Plouguerneau sans vent et avec le courant de Manche qui commence à s'inverser ...

Comment reculer le moins possible tout en restant au large des cailloux et en étant à l'affut de la moindre risée pour passer devant nos petits camarades?
Si vous avez une idée, je suis preneur.

Nous avons dormi qq minutes chacun cette nuit car le vent était galère de chez galère, entre 0 et 7 noeuds dans les rafales ...et bougeant de 40° en direction.
Impossible de garder le bateau lancé et beaucoup de questions sur notre vitesse par rapport à Grassi qui nous déposait.

Qq kilos d'algues enlevées des safrans et la jonction refaite ce matin nous a rassuré mais ça va être dur dur pour les nerfs sachant que je n'aime toujours pas la pétole et encore moins en Manche quand on se caille et prend une espèce de brouillard crachin sur la tête ...

Nous avons fait la rencontre de l'année au large de sein: un orque épaulard! Pas trop gros, en tout cas plus petit que le bateau ...
il a joué un peu dans le sillage et a repris sa route. Noir et blanc, impressionant tout comme dans les docu du Commandant ou dans "Sauvez machin" pour les plus djeuns...
Nous avons aussi récupéré un petit oiseau genre pinson qui a pris ses quartiers dans la cabine comme s'il avait toujours habité là, on gène peut être??

Il nous reste une centaine de milles a faire mais ça peut prendre longtemps ce qui est sympa pour ceux qui suivent la version roots marins bretons des JO mais qui pour les deux guignols qui sont bien attaqués physiquement commence a faire long surtout qu'on aurait bien acheté notre sixième place alors que là il va falloir jouer le classement entre la 4ème et la 7ème mais avec toujours possible des coups de Trafalgar des copains qui suivent ...

Bref le suspens est à son comble alors qu'on a surtout envie de se poser avec une bière et des cahuètes, le monde est mal fait (oui je sais on est gonflé de se plaindre mais là c'est pas la croisière aux Antilles ...)!

On vous laisse donc l'apéro de ce soir, pendant que vous irez voir le site de la SNBSM et sutout le blog du voilier au Ruban Rouge www.axaatoutcoeur.aides.org

On retourne au charbon, on ne va rien lacher jusqu'au bout et faites la danse du vent pour nous aider (certaines ont déjà travaillé la choré sur le bateau!)

a plus

Riri, fifi et pétole

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Carnet de bord du 28/08 à 6h28

Carnet de nuit

La nuit portant conseil, voilà en vrac les premiers enseignements de cette première course sur le grand Voilier au Ruban Rouge.

. Le plateau des participants est très varié, des pros souvent issus du Figaro ou des 60 pieds open (IMOCA) qui sont là pour gagner et à l'attaque en permanence: petits contres bords dans les bascules même pour 30 minutes (alors que virer c'est tout un bazar avec 150kg de matériel à déplacer, transférer et réajuster les ballasts et parfois rouler dérouler un code 0).
Des semi pro venus aussi pour en découdre (difficile de dire que l'on est amateur si on cours 2 transat par an et qq autres zakouskis) et des vrais amateurs en "congés payés" mais pour la plupart cool, surtout venus pour se faire plaisir sur ces magnifiques coursiers et sans forcément un gros background de compétition à la voile.
Cela a pour effet des écarts importants à l'arrivée entre les premiers et les derniers.

. Le bateau il est plus fort que toi. Il faut déployer des efforts enormes pour réparer les bêtises comme affaler un code 0 ou code 5 quand il y a un pb d'enrouleur (en gros a chaque fois dée que plus de 10 noeuds de vent), nos bras sont douloureux.
Les surfaces de voiles rendent difficiles les affalages non standard et il va falloir éviter cela en solitaire...

. Ca passe ou ça casse? On avait dit qu'on tirerait sur le bateau, mission accomplie! On a gardé le code 0 (60m²) jusqu'à 30 noeuds au vent de travers et le code 5 (110m²) jusqu'à 20 noeuds au travers également. On a donc cassé les pièces les plus faibles sur le bout dehors mais pas le bout dehors. Voilà donc qq limites que l'on va pouvoir repousser en mettant l'équipement ad hoc sur le bout dehors.
A noter que ce qui a cassé est fait pour tenir plusieurs tonnes de traction, il y a donc des efforts ....

. Les enrouleurs ne sont pas au point, c'est même la cata. Au lieu de nous aider ils nous laissent espérer des manips simples donc en repoussant un peu les limites mais cela fini en eau de boudin avec affalage classique mais en vrac. Nos code 0 et 5 sont ainsi en vrac dans la cale car impossible de les enrouler dans la brise. Ceci dit on sait comment les envoyer sans enrouleur mais ça tire sur les bras et c'est plus long.
Le résultat c'est qu'on hésite à les envoyer si ce n'est pas pour un long bord et donc on perd par râpport à ceux qui sont plus agressifs sur les chgts de voiles.

. Il faut anticiper ou avoir le courage de l'inconscience. Il faut réduire quand c'est comfortable et non pas quand on est à la limite car la moindre erreur (et a part les pros tout le monde en fait!) se paye cash. On a du faire 2 manoeuvres vraiment propres depuis le départ.
Le reste du temps on a galéré et fini toutes les manoeuvres d'avant vent arrière pour bénéficier du dévent de la GV. A chaque fois c'est les milles ou des bouts de milles de perdus...

. On a la vitesse et la cadence par rapport au second wagon. Pas d'illusion par rapport aux tout premiers, à part une belle option météo ils resteront devant mais on est content, à la bagarre on a rarement été décrochés et à certaines allures comme le près bon plein/petit travers sous code 0 on est des bombes (cf Plymouth - Le Four ou on a rattrapé 2 bateaux en vitesse pure).
Le bateau est donc bien né, à nous de trouver les bonnes combinaisons de voiles pour chaque force et direction du vent et là il y a encore du travail ...

. La consommation électrique est importante avec une charge toutes les 6 heures au plus, il va falloir regarder cela pour caler les réserves de carburant et prendre les panneaux solaires

. C'est un régal de naviguer sur un bateau aussi rapide mais également aussi sensible aux règlages. Vous accélerez tout de suite mais il y a un demi noeud en jeu en affinant la tension d'écoute (surtout GV). et sur 1000 milles un demi noeuds cela fait 50 milles d'écart à l'arrivée.
Il y a donc le fun et de quoi jouer pour les règleurs, que demander de plus?

. Pilote en free style?
A part qq heures de près serré au contact (phases de départ surtout) nous avons été tout le temps sous pilote de barre nous consacrant au réglage et au repos... Globalement le fnt est ok tant en mode compas que vent apparent mais de temps en temps il part en free style et il faut donc rester vigilant pour ne pas se retrouver à empanner ou virer ...

Mais cela reste rare et il vaut mieux car la barre est très dure et avec notre mal aux bras ce ne serait pas très cool ...

La suite dans un prochain carnet, il est 6 heures et nous restons accrochés à notre 6ème place (ou 7ème on a perdu les Espagnols dans le classement). 6 milles de retard sur CG Mer, c'est faisable, on maintient Grassi juste derrière mais François Lucas se rapproche. L'architecte courreur aux multiples succès doit avoir la grosse motivation pour amener son plan devant les copains mais bon on va pas lui rendre la vie facile.
Beaucoup va se jouer dans le timing du virement de bord qui va nous amener sur Ouessant. on devrait virer vers ...11h du matin ensuite en fonction du courant on fera le tour ou on prendra le fromveur entr Ouessant et Molène (quel coin superbe mais quel nid de cailloux!)

Très belle journée à vous tous, nous c'est déjà commencé et je vais de ce pas réveiller fifi pour qu'il en profite ...
Amitiés de 47°12N et 5°24 W

Erik, Philippe et le Voilier au Ruban Rouge
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