CARNET PEINARD

Les vacations radio dans ma pirogue à balancier c'est pas facile... Aujourd'hui j'ai compris un mot sur deux (et parfois moins) à cause du bruit de fond et comme ne vais pas faire répéter chaque question 3 fois de suite j'ai finis par répondre à ce que j'ai cru comprendre et j'imagine que ça peut être cocasse... désolé demain je mouille l'ancre pour la vacation au calme!

Bon parlons un peu de la vie à bord...

il n'y a pas de vie à bord! Ou plutôt c'est le grand n'importe quoi, pas d'heure pour dormir, manger ou se brosser les dents, toute une éducation reçue et si bien transmise passée par dessus bord... Il parait que sur une transat il faut prendre le rythme, moi au bout de 4 jours j'alterne des rythmes de moines et de David Getta et de manière aléatoire. En fait pour tout vous dire c'est pas moi qui décide. Le sommeil c'est quand le pilote automatique assure et que j'ai réussi à évacuer le stress de lui laisser la boutique à gérer sachant que sa capacité d'improvisation est limitée mais par contre depuis le départ il barre avec une régularité de métronome, je touche du bois. Par contre il n'y a que le mode vent réel qui marche car le multi ça n'avance pas tout droit c'est trop sensible aux changements de vent et ça s'arrête, peut être que je pourrais passer au mode Compas dans l'alizée établi... En attendant faut très souvent lever le nez du pouf pour rectifier l'angle afin de ne pas partir à pétaouchnoc (merci pour l'orthographe de ce mot que l'on écrit jamais). Mais bon bonnant malant je trouve que je dors pas mal, par petits bouts je pense que j'ai fait une heure ce midi dans une molle mais sinon c'est plutôt 10 à 30' à chaque fois. Faut dire qu'on n'a jamais l'esprit tranquille quand il y a un peu de vent, par exemple là maintenant il y a 16noeuds et je suis avec le fameux grand gennack et le bateau monte à 17nds et ben moi je monte voir...!!!

Y a pas de problème... le pilote gère mais on est 10° au dessus de la route et avec un way point à 602 milles ça fait des écarts à l'arrivée!

Bon donc sommeil c'est pas assez et pas structuré mais je n'ai pas l'impression d'être en gros manque ...

Coté nourriture je suis un peu patraque depuis le début avec les mouvements du canote et me suis nourri au Mer Calme... En fait là je viens de me faire un bout de saucisson (passionnant non cette lecture, vous m'écrirez ce que vous allez manger ce soir comme ça on construira une correspondance littéraire...) mais parfois c'est un Kit Kat ou des céréales ou un plat cuisiné, c'est en fonction de l'envie mais je me pousse un peu ce qui ne me ressemble pas... Je n'ai même pas fini les super salades de pâtes du départ c'est dire! Mais pas d'inquiétude la dessus dès que je serai plus serein je vais faire une descente au frigo

A part ça je n'ai pas regardé depuis ce matin 6h30 car suis déjà assez occupé avec mon bateau pour m'intéresser à celui des autres... mais j'espère que vous avez enregistré le classement : 4ème c'est bien la première fois que je suis bien placé sur une transat après les premiers 1000 milles de course et quand vous pensez à mon finish... et bien justement je vais continuer d'y penser et y aller molo, rester dans ce que je sais faire

Sur ce j'y retourne il y a quand même un petit peu d'air pour ma bestiole, bon appétit et bon sommeil

Erik et les rubans
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« Des solutions, pas des frissons !» troisième partie :

3 – (éviter) la casse : structure, mât…

Après avoir passé qq jours avec mon assureur préféré à la Juris Cup, je me dois de continuer de le rassurer (si je puis dire) afin qu’il profite aussi pleinement dans son hamac de salon des saveurs épicées de la Route du Rhum.
La plateforme technique du Voilier aux Rubans Rouges a prouvé sa robustesse au long des nombreuses transats courues dans des conditions météo parfois très difficiles. Elle a couru sa première route du Rhum en 1990 du temps où le trimaran mesurait 60 pieds et était donc soumis a beaucoup plus d’efforts que dans sa version courte de 50 pieds d’aujourd’hui. Nigel Irens a dessiné un bateau capable d’absorber les chocs en souplesse et donc le bateau plie mais ne se rompt pas (je touche quand même du balsa et... un peu de kevlar !). Il n’a pas de carbone beaucoup plus rigide que de la fibre de verre mais qui a tendance à se casser directement sans prévenir.
La manière de naviguer va aussi beaucoup compter et, les premiers jours en particulier, il va falloir rester lucide et garder en tête quelques règles dont celles simples du calcul. Là où le bateau souffre c’est dans la mer courte au près. Le bateau tape très fort et passe en force. Aller un ou deux nœuds plus vite peuvent coûter cher or ce n’est pas là que se fait la différence. La différence elle se fait au portant quand vous marchez à 14 ou 16 nœuds au lieu de 20 nœuds. C’est valable en multi mais aussi en mono (en moins vite…), les écarts liés au différentiel de vitesse se creusent au portant dans la brise, pas au près.
Pendant le Rhum j’irai contrôler régulièrement les points les plus sollicités et ceux qui travaillent pour absorber les chocs mais je suis confiant sur cette partie même si ça fait bizarre d’avoir à regarder qqchose qu’on n’a vraiment pas dans sa check list sur un monocoque. Marc Pajot a gagné le Rhum sur le cata Elf Aquitaine qui était fissuré dès les Açores donc même si ça travaille trop y a moyen de finir la course…

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"Des solutions, pas des frissons !" seconde partie

2 – (éviter) La collision pendant le sommeil :

Pendant (à nouveau) une Québec Saint-Malo (sans moi cette course là !), mon morceau d’histoire de la course au large à 3 coques a heurté un pauvre cétacé sans doute pas assez rapide ou distrait et a du finir de traverser l’atlantique sans gouvernail (pas simple même à 3 à bord)…

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