Rendez-vous pris pour Vendredi 14h afin d’aller sur le terrain d’action puis rencontre avec les membres de l’association dans leur bureau…

Vendredi 14h, un minibus au couleurs de Crescer vient nous chercher et nous emmène avec le professeur de français et une responsable de l’ONG, direction le quartier le plus populaire d’Itajaï et son école.

Nous sommes invités à entrer dans une salle de cours où deux adolescentes animent un workshop sur la prévention du sida : films, diapositives, petits quizz… Les messages sont clairs, directs et donnés directement d’ados à ados. Impressionnantes de maturité les 2 animatrices connaissent parfaitement leur sujet et la manière de passer les messages… La télé d’Itajaï est là aussi pour témoigner du moment et nous sommes amenés à expliquer notre engagement aux jeunes… Un moment magique, une énergie, une force venant de la jeunesse qui donne des ailes.



Deux heures plus tard nous repartons pour le siège de Crescer avec les animatrices du workshop et sommes invités à prendre l’ascenseur pour accéder aux bureaux. Et là sur le pallier une trentaine d’ados en blouse blanche et ruban rouge entament une Marseillaise qui nous donne encore des frissons. Tous chantent à pleine voix et nous donnent notre hymne national comme un cadeau.

Nous nous rassemblons ensuite avec les jeunes et les responsables de l’ONG dans leur grande salle afin que le projet nous soit expliqué dans le détail…

Crescer a démarré depuis 3 ans un projet qui se concrétise par la sélection de 60 adolescents (16 à 18 ans) issus de familles pauvres d'Itajaï afin de leur donner une formation (culture générale et là aussi Français à l’occasion de la Transat Jacques Vabre et de notre venue), de les accompagner pour des stages/apprentissage en entreprises et de leur donner connaissance et méthode afin d’animer des worshops dans les écoles sur en particulier les grossesses précoces (énormément de grossesses entre 12 et 14 ans ici) et les maladies sexuellement transmissibles. L’accent est particulièrement mis sur le VIH qui est très présent dans la région (l’explication serait que c’est parce qu’il y a depuis longtemps des centres de dépistage à Itajaï que beaucoup de personnes viennent se faire tester sans forcément être de la ville…) mais le sujet de fond est la mauvaise pratique sexuelle quand on n’est pas informé de ses risques, de ses conséquences et de la manière de les maitriser.

La précision de la formation est telle que les animateurs adolescents informent des 16 cocktails différents de multi-thérapie disponibles au Brésil…

La force de ce programme est de faire parler des ados venant de situation personnelle difficile et donc ayant rencontré concrètement le sujet qu’ils discutent, avec des ados et ce dans le cadre scolaire. Ces jeunes sont super motivés (certains sont sans parents et élèvent eux-mêmes frères et sœurs), ils veulent changer leur monde et changer le monde. Leurs yeux brûlent d’une énergie où se mêlent soif d’action et besoin de reconnaissance. Fantastique… et pour finir la séance de discussion ils se sont tous levés et nous ont chanté un « non je ne regrette rien » d’anthologie.

Et bien nous non plus on ne regrette rien, notre engagement en sort plus que renforcé et nous montre que l’on peut apprendre aussi des pays qui semblent sur le papier moins mature.

J’ai une vidéo de présentation du projet, je leur ai promis que je vous en parlerai et suis persuadé qu’il y a des idées à reprendre pour chez nous. Et il y a quelques ados d’Itajaï qui sont prêts à venir nous présenter en France leurs worshops.

Bon Dimanche
Le voyage continue…